Opération SOS Ourthe les 23, 26 et 30 septembre 2020 Déconstruction des barrages de pierres sur l’Ourthe et l’Aisne.

Organisation de Jacques Ninane

 

 

 

 

 

 

 

 

Les barrages de galets sur l’Ourthe : l’idée est-elle bonne ?

Les étés chauds et ensoleillés se succèdent. Quoi de plus agréable pour le grand public que de

faire trempette dans les rivières …

Toutefois, les niveaux des cours d’eau sont régulièrement très bas, les utilisateurs de la rivière

construisent alors des barrages de pierres et galets formant des plans d’eau de plus ou moins

grande importance, attirant même les kayaks et autres engins flottants pourtant interdits lors

des périodes d’étiages.

Les impacts sont dommageables pour la biodiversité, voir ci-dessous, ces barrages sont

d’ailleurs interdits légalement.

Lors de ce mois d’août 2020, un triste record de débit bas est atteint à Durbuy : 0,75

m3 par seconde de moyenne, pulvérisant l’ancien record de 2011. Le nombre de

barrages a lui aussi fortement augmenté, il est donc utile et urgent de les déconstruire.

Quelques citoyens de la commune de Durbuy, interpellés par les atteintes à la biodiversité ont

décidé de réagir par un appel aux bonnes volontés :

Opération « déconstruction » ces 23, 26 et 30 septembre,

dans la commune de Durbuy

Si vous avez quelques heures de temps, une bonne dose d’huile de bras et un bon équilibre,

parcourez librement les sentiers des bords de l’Ourthe dans la commune de Durbuy – des

Enneilles jusqu’à l’entrée de Logne- et repérez les barrages. Bonnes bottes hautes ou

cuissardes conseillées (ou simplement des chaussures « aquatiques » l’eau n’est pas vraiment

froide), il suffit … d’aller dans l’eau avec précautions et prudence -la profondeur est cependant

faible- et ouvrez des brèches avec délicatesse en déplaçant pierres et galets (sans les lancer!) à

1,5 mètre en amont et aval du barrage et le tour est joué. Deux personnes maximum par

barrage, enfants déconseillés. Ne pas utiliser de fourche, pelle, etc. ! Attention, il n’y a pas

d’assurance couvrant les bénévoles.

 

Une autorisation de déconstruction a été délivrée par les services officiels compétents (SPW

Voies Hydrauliques à Angleur et Département Nature et Forêts). Les éventuelles matières

telles que plastiques ou métaux sur ces barrages – elles sont rares – doivent être évacuées par

les déconstructeurs vers une déchetterie.

CONTACT : barragesourthe@gmail.com

Impacts des barrages :

– piétinement abondant sur toute la largeur du cours d’eau par les constructeurs, dispersion et

arasement de la couche sédimentaire abritant larves et insectes aquatiques, oeufs divers,

alevins et crustacés;

– déplacement d’une quantité parfois très abondante de pierres, néfastes pour la même faune

déjà stressée par le manque d’eau;

– ralentissement du flux, provoquant la hausse du niveau en amont, avec perte d’oxygénation

nécessaire à un grand nombre d’espèce, d’autant plus aggravante que l’étiage a atteint un

record au mois d’août;

– réchauffement de l’eau, nuisible au benthos;

– prolifération d’algues et potentiellement de bactéries toxiques ;

– obstacle pour les déplacements des poissons en recherche de nourriture ou d’abris;

perturbation des habitats;

– dénaturation de l’écosystème par la formation de plans d’eau rapprochés et artificiels,

modifiant les « zones » ichtyologiques (zones à truites, à barbeaux, à chevaine, etc.) ;

– certaines constructions sont faites de matériaux divers (blocs de béton, ferrailles), ainsi que

plus rarement d’objets plastiques ou pieux de bois; le plastique se dégrade très lentement et

forme une pollution de micros fragments absorbés par les poissons et crustacés, oiseaux et

insectes;

– les plans d’eau formés sont des zones d’appels pour les baigneurs, les campeurs, kayaks et

autres engins flottants avec une fréquentation parfois impressionnante sur des distances

importantes; les berges sont également très fréquentées et endommagées par le piétinement,

des déchets sont abandonnés régulièrement.