Les vergers traditionnels, milieux de vie

Il n’y a pas, à proprement parler, de faune spécifique des vergers. La faune rencontrée au sein des vergers traditionnels peut être inféodée aux forêts et aux bocages. La présence d’une haie entre le verger et les milieux environnants
est à l’origine du maintien de nombreuses espèces.

Dans ce cas, des oiseaux ou d’autres animaux utilisent les deux
types de milieux que sépare la haie, certains pour nicher,d’autres pour se nourrir.
Une multitude d’oiseaux typiquement forestiers comme la sittelle torchepot, le pinson des arbres, la mésange charbonnière, la mésange bleue, le rouge-gorge familier, le troglodyte mignon se rencontrent fréquemment dans les vieux
vergers.

 

 

D’autres utilisent le verger pour nicher et les espaces ouverts et cultivés situés à proximité pour s’alimenter :
citons l’étourneau sansonnet, le chardonneret, le verdier…
Bon nombre de ces oiseaux recherchent les cavités dans les vieux pommiers pour élever leurs nichées.
Ces cavités sont également convoitées par d’autres animaux comme le lérot ou les chauves-souris. Le substrat
qu’elles contiennent fait de terreau, de débris ligneux et de feuilles mortes, est un composant important de l’habitat d’une certaine microfaune constituée d’une multitude d’arthropodes (crustacés, myriapodes, insectes).
Des Cetoniidae participent à l’humification du bois.

Le plus emblématique est sans conteste le pique-prune ou osmoderme, devenu rare et menacé, strictement protégé en
vertu de l’annexe IVa de la Directive 92/43/CEE et de l’annexe II de la Convention de Berne. Ce coléoptère a une
part de ses domaines vitaux hors des forêts dans les habitats complémentaires aux boise-
ments (vergers, bocages). Selon Vignon [25], dans l’Orne, il occupe les pommiers à partir de
70-80 ans. En Wallonie, l’osmoderme a déjà été trouvé à plusieurs reprises en province de Liè-
ge. Une autre espèce tout aussi spectaculaire de par sa couleur vert cuivré est la cétoine noble.
Ses grosses larves blanches semblables à celles du hanneton commun sont parfois observées
dans des cavités à terreau. Elle est intégralement protégée en Région wallonne.

Des signes de dépérissement, très fréquents sur les pommiers et pruniers vétérans, présen-
tent aussi un intérêt élevé (décollements d’écorce, juxtaposition de parties mortes et vivantes,
coulées de sève) car ils offrent aux insectes une multitude de niches nécessaires à leur dévelop-
pement. Des coléoptères xylophages*, notamment les longicornes, pondent dans des parties
mortes d’arbres dont l’écorce est encore adhérente. Ainsi, les larves du toxote de midi se
trouvent dans les troncs et les souches des vieux pruniers. Des Lucanidae comme le sinoden-
dron cylindrique colonisent les troncs de pommier encore bien vivants à la faveur de blessures
ouvertes. Ils creusent des galeries dans le bois encore dur tout en l’ensemençant de spores de
champignons. Ces champignons accélèrent la dégradation des tissus ligneux qui prennent alors
une texture spongieuse. Dans les troncs brisés par le vent, ces vermoulures tubulaires peuvent
se retrouver exposées à l’air libre devenant ainsi des conduits propices à la ponte de l’osmie
rousse ou d’autres abeilles solitaires.

D’autres insectes sont directement liés à la diversité floristique des vergers traditionnels. Des
lépidoptères les parcourent à la recherche de quelques plantes hôtes. Le vulcain, le paon du
jour, la petite tortue ont une prédilection pour les massifs d’ortie tandis que l’amaryllis, le tircis,
le myrtil sillonnent les haies en quête de ronces ou d’autres arbustes à fleurs. De même, des
hyménoptères comme l’abeille domestique et les bourdons s’affairent sur les fleurs des arbres
fruitiers participant ainsi à leur pollinisation.
En outre, le verger a besoin des insectes prédateurs qui font la chasse aux ravageurs. Les coc-
cinelles (coccinelle à deux points, coccinelle à sept points), les forficules ou « perce-oreilles », les
larves de chrysopes et de syrphes participent à la régulation des populations de pucerons.
Enfin, de nombreux mammifères (lièvre, écureuil roux, hermine, belette) et micromammifères
(mulot sylvestre, campagnol des champs) visitent le verger à différentes saisons pour se nourrir
ou se reproduire.
Des lieux de nidification pour les oiseaux
Les vergers traditionnels offrent de multiples sites de nidification.
     Les arbres creux


Les arbres creux, les branches et arbres morts sont des réserves alimentaires et des gîtes favorables à l’avifaune arboricole. Les cavités sont légion dans les vieux vergers à l’abandon. Elles apparaissent très souvent à la suite du bris d’une branche par la tempête ou d’une blessure infligée au tronc par le bétail.

Les branches et troncs morts et secs sont exploités par les pics vert, épeiche et épeichette qui viennent y creuser des loges. Une fois
abandonnées, elles sont autant de cavités indispensables pour la nidification d’autres oiseaux cavernicoles
tels que le torcol fourmilier, des passereaux (sittelle torchepot, mésanges, rouge-queue à front blanc,
moineau friquet…) et de petits prédateurs comme la chouette chevêche.
Le gobemouche gris, quant à lui, a une prédilection pour les grosses branches ou les rejets contre le
tronc dans un endroit abrité de la pluie.

    Les houppiers
Les houppiers sont occupés par des oiseaux comme le pinson des arbres, le pigeon ramier, la
corneille noire, la pie bavarde… D’autres espèces peuvent chanter ou se reposer dans les bran-
ches hautes mais nicher dans les haies ou les troncs creux des arbres fruitiers ; par exemple,
l’accenteur mouchet qui fait entendre son chant mélodieux au printemps posté sur la plus haute
branche, la chouette chevêche qui se plait à prendre quelques bains de soleil perchée sur une
branche sèche d’un pommier ou encore les mésanges bleue et charbonnière, ces infatigables
insectivores des rameaux.
Les arbres fruitiers


Les vergers traditionnels et les alignements d’arbres têtards

 

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